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nov/11

29

Naissance de la fluxine

Je déclare officiellement aujourd’hui la naissance de la fluxine, forme courte en deça des mots dans le flux perceptif. La fluxine s’abstrait des mots elle s’adresse aux images elle est en deça des mots.

Texte fondateur Julio Cortazar, Marelle page 68 que je déclare précurseur de la fluxine, qu’il en soit à jamais esbaufilé. Ecoutez-moi ça :

A peine lui malait-il les vinges que sa clamyce se pelotonnait et qu’ils tombaient tous deux en des hydromuries, en de sauvages langaisons, en des sustales exaspérants. Mais chaque fois qu’il essayait de buser dans les sadinales, il s’emmëlait dans un geindroir ramurant et, face au novale, force lui était de se périger et de sentir les rainules peu à peu se miroiter, s’agglomurer en se réduplinant et il restait éfloué, tout comme le triolysat d’ergomanine dans lequel on laisse tomber quelques filules de bouderoque. Et pourtant, ce n’était là que le début, venait le moment où elle se modulait les hurgales et acceptait qu’il approchât doucement ses orphelunes. A peine s’étaient-ils entrepalmés, quelque chose comme Un ulucorde les transcrêtait, les tréjouxtait, les permouvait, et c’était soudain le culminaire, la eonvulcation furialante des matriques, rembouchaverse halesoufflant de rorigame, les éprouances du merpasme dans une surhumitique pâmeraie. Evohé! Evohé ! Volposés sur la crête du murèle, ils se sentaient balparamer, perlines et marulles. Le dolle tremblait, les mariplumes s’effaçaient et tout se résolvirait en un profond éminoir, en des niolames de gases arguetendues, en des carennes presque cruelles qui les transfilaient aux limites de la joussure.

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août/11

21

Marelle

Non, nous n’avons pas vécu ainsi, elle aurait bien voulu, mais moi, une fois de plus, j’ai rétabli l’ordre faux qui dissimule le chaos, j’ai feint de me livrer à une vie plus profonde dont je ne touche l’eau temble que du bout du pied. Il y a des fleuves métaphysiques, mais c’est elle qui les nage comme cette hirondelle nage en l’air, tournant fascinée autour du clocher, se laissant tomber pour mieux rebondir ensuite avec l’élan. Je décris, je définis et je désire ces fleuves, elle les nage. Je les cherche, je les trouve, je les regarde du haut du pont, elle les nage. Et elle ne le sait pas, comme cette hirondelle. Elle n’a pas besoin de savoir comme moi, elle peut vivre dans le désordre sans qu’aucune conscience d’ordre ne la retienne. Ce désordre qui est son ordre mystérieux, cette bohème du corps et de l’âme qui lui ouvre grandes les portes véritables. Sa vie n’est désordre que pour moi, enterré dans des préjugés que je méprise et que je respecte à la fois. Moi, condamné à être irrémédiablement absous par la Sibylle qui me juge sans le savoir. Ah! laisse.moi entrer, laisse moi voir un jour par tes yeux.

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En lisant ce texte, compris combien le flux est individuation pour moi. Pas supplétif, à prendre au sérieux et méfiance tout en même temps, pharmakon. Tout concorde dans le flux. Conglobation : l’écriture, l’attention, l’intuition, l’énergie, l’image, politiques, bibliothèques, la mémoire, soi, les autres, la maîtrise, le petit côté, le tourbillon, paraître, le flux. Merci.

individuation : Être un individu, c’est être un verbe plutôt qu’un substantif, un devenir plutôt qu’un état, un processus plutôt qu’un donné, une relation plutôt qu’un terme, ce pourquoi il convient de parler d’individuation. L’individuation n’est pas l’individualisation, elle est la formation de l’individu, toujours inachevée, toujours liée à d’autres individus, toujours sociale (en même temps que psychique). L’individualisation est bien plutôt une désindividuation


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mar/10

9

Atomisés dans nos autos

Une de mes chansons préférées, de l’unique Franck Monnet, écoutez la ici.

Atomisés dans nos autos
quelquefois nous argumentons seuls
histoire peut-être
de conjurer le stress de la vie urbaine

diplomate ou caissière chez coop
avouez
ça détend les nerfs et si c’est bref
on y laisse pas plus la santé que dans une bière

simplement
à l’age des médias planétaires
se perd le goût de l’apostrophe et du ton
pamphlétaire
on reconnait le solitaire à ce qu’il formule
les questions les réponses

petit scan sur c’qui m’environne
pas d’oeillade indiscrète sur mon air
personne ne perce la transparence de toutes
ces vitres qui me ceignent

qu’on réponde à la place du mort
qu’on questionne le poster des waters
analphabète
les mêmes effluves nous drainent hors de
la vie mondaine

simplement
mélange de fièvre et de mystère
la peur de l’autre nous frôle chaque fois
qu’on répond
qu’on appelle
l’onicophage cureur de fond
le solitaire laboure l’humus de ses songes

Même si j’avais tort
je ne serais pas d’accord
or… je n’ai pas tort
tu sais même si j’avais tort
je ne serais pas d’accord
or… je n’ai pas tort

simplement
à l’age de taire les mots sincères
l’enfant d’hier sort de sa bouche
les mensonges qui l’obsèdent
injures ou violence ordinaire
qui se déversent
s’empilent en strates pour de bon

Même si j’avais tort
je ne serais pas d’accord
or… je n’ai pas tort
tu sais même si j’avais tort
je ne serais pas d’accord
or… je n’ai pas tort
si j’avais tort
je ne serais pas d’accord
or… je n’ai pas tort.

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mar/10

3

Les animaux

Lu dans le Tigre nouvelle version, numéro 2, février 2010, à propos du Salon de l’agriculture et des animaux, interview de Claude d’Anthenaise, conservateur du musée de la chasse de la nature (Voir les photos de Rémy Artiges)

« La nature réelle, avec tout ce qu’elle compte de violence d’incohérence, d’altérité est insupportable pour bon nombre d’urbains qui en sont très très très loin. Donc l’image pasteurisée, standardisée, donnée par la représentation publicitaire apparait comme une médiation nécessaire. L’image de la nature est remodelée pour être acceptable pour correspondre aux standards. Or non, ce n’est pas ça la nature. Un aspect particulièrement intéressant du Salon se rapporte à la construction de l’image animale. Notre époque a réparti les espèces en catégorie étanches : l’animal de production – machine à fabriquer des protéines – auquel on refuse toute dignité, l’animal de compagnie, asservi à de redoutables contraintes anthropomorphiques (je pense au confinement en ville, aux eaux de toilettes pour chiens et autres simagrées), enfin l’animal sauvage qui fait l’objet de tous les fantasmes. »


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fév/10

23

Littoral

« Littoral« , texte et m. en sc. de Wajdi Mouawad – Théâtre 71 à Malakoff

Magnifique œuvre, mise en scène très rythmée et dynamique. Je trouve cet extrait assez juste :

C’est l’univers de Wilfrid qui porte l’architecture de la pièce. Brutalement orphelin, il puise sa force dans le rêve et la sur-dramatisation, grâce aux apparitions adjuvantes du Chevalier Guiromelan dont l’adoubement symbolique fera de lui un homme, maître de son destin (« je veux que tu deviennes invisible, le rêve que tu es m’aveugle trop de la vie »). Plein d’imagination, il a aussi « toujours l’impression de jouer dans un film ». Les séquences, ainsi mimées au clap et à la perche, décortiquent ses émotions telles des didascalies et donnent à voir ce qu’on ne dit pas, ce qu’on n’entend pas, ce qu’on ne voit pas. Inspiré par la bande dessinée dans sa gestuelle et son rire spontané un peu nigaud, le personnage incarne une naïveté enfantine mise à mal par le tragique de sa situation. Sa fragilité emplie d’autodérision en est touchante de sincérité et vecteur d’identification : « je voudrais pour une fois qu’il m’arrive quelque chose de facile ! », crie-t-il au dieu auquel il ne croit pas, mais au cas où…

Très belle mise en scène de l’ambivalence contemporaine et du sentiment d’étrangeté à soi. Très touché par ce personnage de Wilfrid. Beaucoup apprécié le moment où les personnages se demandent dans quel lieu ils se trouvent et se mettent d’accord entre eux ! Désorientation et prise d’autonomie qui brise les conventions théâtrales, cf. Pirandello. Je retiens ‘l’idée rapide’ parce qu’elle poursuit le père qui se met à voyager écrasé de chagrin parce que la femme est morte en couche. Retenu aussi la scène dans la quelle Wilfrid lit les lettres de son père, en slip dans une caisse en fer avec de l’eau (!). Un peu moins apprécié la seconde partie de la pièce moins dynamique et trop symboliste.



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jan/10

31

Tout autour de Vaduz

vaduzJ’ai toujours pensé que la poésie devait sortir des livres. Un jour, au marché de la poésie, à Paris, une lecture de Tout autour de Vaduz, par Bernard Heidsieck :

De Vaduz, capitale du Lichtenstein (le plus petit pays au monde), Bernard Heidsieck fait le centre du monde, à partir duquel il recense et dit la liste des peuples et ethnies de la planète. Avec Vaduz, l’auteur nous fait entendre, de façon spectaculaire, l’unique dans la diversité :  à la fois une grande œuvre humaniste, et une expérience extrême de la poésie-action.

Écoutez un extrait ici !

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