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En général, les gens sont très à l’aise dans un cadran de la matrice, parviennent sans trop de difficultés à adopter des comportements caractéristiques d’un ou deux autres cadrans et ont un dernier carré où il leur est plus difficile ou moins naturel, d’aller, notamment dans des situations de stress. Cette analyse permet aussi à titre individuel de donner des pistes de développement personnel pour approfondir ses « angles morts », insuffisamment travaillés.
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Citation de ce Livre très bien écrit : Etre soi avec Heidegger Auteur(s) : Céline Belloq. J’aime beaucoup ce texte, excepté la partie sur la technique considérée comme forcément aliénante. Dépasser l’emballage « développement personnel » de ce livre, grande admiration pour l’exercice de clarté, c’est moi qui souligne ci-dessous.
Citation sur la résolution devançante, avec un exemple frappant, tiré de Fight Club !
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D’un coté l’amour oblatif :
OBLATIF, -IVE, adj.
PSYCHOL., PSYCHANAL. [En parlant de sentiments]
« Qui portent le sujet à se donner de lui-même, à aimer véritablement » (Garnier-Del. 1971).
L’être passera de l’amour captatif à l’amour oblatif pour accéder un jour peut-être (…) à l’amour pur sans ambivalence, l’amour sans péché (Choisy, Psychanal., 1950, p.44).
− P. anal. [En parlant d'une chose] Qui est mis au service d’une personne ou d’une idée. La documentation (…) est captative lorsqu’elle reçoit des éléments de l’extérieur, et elle est oblative quand elle les restitue sous forme d’idées concentrées (Bernaténé, Comment concevoir docum., 1964, p.16).
Prononc.: [ɔblatif], fém. [-i:v]. Étymol. et Hist. 1946 (Mounier, Traité caract., p.541). Empr. du lat. oblativus «qui s’offre de soi-même; «volontaire».
De l’autre l’amour réflexif :
Qu’aime-t-on vraiment si ce n’est pas l’objet d’amour ? Il semble bien qu’il faille répondre avec St Augustin : « Amabam amare ». Ce que nous aimons, c’est aimer. Proust le confirme : « Les maîtresses que j’ai le plus aimées n’ont jamais coïncidé avec mon amour pour elles… elles avaient plutôt la propriété d’éveiller cet amour, de le porter à son paroxysme qu’elles n’en étaient l’image ». Et dans son beau livre L’amour et l’Occident, Denis de Rougemont écrit : « Tristan et Iseut ne s’aiment pas…ce qu’ils aiment c’est l’amour, c’est le fait même d’aimer et ils agissent comme s’ils avaient compris que tout ce qui s’oppose à l’amour le garantit et le consacre dans leur cœur pour l’exalter à l’infini dans l’instant de l’obstacle absolu qu’est la mort ».
Je trouve cette citation magnifique :
L’émancipation intellectuelle est la vérification de l’égalité des intelligences. Celle-ci ne signifie pas l’égale valeur de toutes les manifestations de l’intelligence mais l’égalité à soi de l’intelligence dans toutes ses manifestations.De cet ignorant, épelant les signes, au savant qui construit des hypothèses, c’est toujours la même intelligence qui est à l’œuvre, une intelligence qui traduit des signes en d’autres signes et qui procède par comparaisons et figures pour communiquer ses aventures intellectuelles et comprendre ce qu’une autre intelligence s’emploie à lui communiquer.
Ce travail poétique de traduction est au cœur de tout apprentissage. Il est au cœur de la pratique émancipatrice du maître ignorant. Le maître ignorant capable de l’aider à parcourir ce chemin s’appelle ainsi non parce qu’il ne sait rien, mais parce qu’il a abdiqué le « savoir de l’ignorance » et dissocié ainsi sa maîtrise de son savoir.Il n’apprend pas à ses élèves son savoir, il leur commande de s’aventurer dans la forêt des choses et des signes, de dire ce qu’ils ont vu et ce qu’ils pensent de ce qu’ils ont vu, de le vérifier et de le faire vérifier. Ce qu’il ignore, c’est l’inégalitédes intelligences.Toute distance est une distance factuelle, et chaque acte intellectuel est un chemin tracé entre une ignorance et un savoir, un chemin qui sans cesse abolit, avec leurs frontières, toute fixité et toute hiérarchie des positions.
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Cartographie des politiques culturelles
1 Comment · Posted by Silvae in Omnimage, Omnimanotion
Petite carte heuristique par mes soins, à partir d’observations, de lectures, etc. Utile pour moi pour me repérer dans les discours. J’ai essayé de faire le lien avec les bibliothèques. Tout ça est à creuser, ce sont juste quelques repères pour moi et peut-être pour vous.
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J’ai lu ce livre de Frédérique Lordon : Capitalisme désir et servitude. Très intéréssant, très bien écrit. Voici ci-après une trace de cette lecture sous forme de carte heuristique faite assez librement, j’espère qu’elle sera compréhensible. L’occasion de creuser la pensée de cet auteur (économiste, école de la régulation) et de me rappeler Spinoza aussi.
Je retiens l’angle alpha, le conatus, le désalignement, le devenir orthogonal ou perpendiculaire les affects et les impossibles libre arbitre, aliénation et consentement.
Cette idée forte que rapprocher Marx et Spinoza efface la volonté d’éradication des passions que Marx donne au projet communiste qui tend vers « l’idée régulatrice » (Kant). Si les passions des hommes ne sont pas dépassables, seule compte l’ouverture de l’angle, le désalignement des désirs. Le plus difficile à suivre est l’absence de libre-arbitre profondément ancrée dans la philosophie du sujet. Le choix n’est pas nié par Spinoza puisqu’il y a libre nécessité comme reconnaissance de la détermination du sujet. Pas de libre-arbitre individuel mais des configurations de désirs, des angles, des puissances des passions. Pas d’aliénation non plus, tout est détermné seuls les affects sont plus ou moins joyeux et plus ou moins fixés dans un cadre (celui du désir-maître).
L’auteur dans l’interview donnée à Arrêt sur images cite l’excellent « attention danger travail« . Il n’existe pas plus bel exemple de désalignement. Je pense toujours que ce film est le documentaire politique le plus subversif depuis très longtemps !
Très intéressant lien avec les communs, le dépassement par la non-rivalité. Comment ne pas penser au p2p et à la lutte des tenants des droits des auteurs contre la libre circulation des oeuvres ? L’Auteur est celui qui est reconnu comme désaligné, maître de son désir, alors qu’il est fondamentalement déterminé par d’autres ! La multitude contre la propriété des droits des auteurs sur les idées.
(A creuser : les communs, le désir chez Stiegler, Spinoza)
L’inférence c’est déduire une information à partir d’un indice. C’est rigolo parce qu’au détour d’une conférence sur complètement autre chose, j’ai compris (par inférence) que si j’aime autant la pêche à la ligne, c’est parce que j’adore l’idée qu’on ne sait pas très bien ce qui fait bouger le bouchon. Il y a une délicieuse inquiétude inférente à observer ce petit bouchon en essayant non pas seulement de deviner, mais de ressentir ce qu’il manifeste au bout du poignet.
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Très juste définition de Tocqueville trouvée dans cet article de J-P Dupuy :
Tocqueville explique dans un premier temps comment l’égalité des conditions amène spontanément chaque Américain à une même méthode philosophique : « chercher par soi-même et en soi seul la raison des choses »; « quant à l’action que peut avoir l’intelligence d’un homme sur celle d’un autre, elle est nécessairement fort restreinte dans un pays où les citoyens, devenus à peu près pareils, se voient tous de fort près et, n’apercevant dans aucun d’entre eux les signes d’une grandeur et d’une supériorité incontestables, sont sans cesse ramenés vers leur propre raison comme vers la source la plus visible et la plus proche de la vérité. Ce n’est pas seulement alors la confiance en tel homme qui est détruite, mais le goût d’en croire un homme quelconque sur parole. Chacun se renferme donc étroitement en soi-même et prétend de là juger le monde »
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Ce documentaire : Achetez vert l’enfer du décor visible jusqu’au 20 mai sur le site de France 5. Découvert que la compensation carbone pose de gros problèmes, par exemple en Ouganda où une ethnie locale est déplacée pour que des firmes multinationales plantent des forêts de pins génétiquement modifiés pour le stockage du Co2, arbres OGM qui risquent de dégrader l’écosystème local.
Dans ce reportage aussi, l’exemple de Renaud avec la norme « ECO 2″. L’activité du groupe reste la production de véhicules polluants, le Co2 est le seul gaz mesuré, et très mal mesuré alors que d’autres gaz polluants ne le sont pas. Pour moi, l’impuissance politique à réguler le capitalisme se place précisément ici autour de cette question des taux-limites dénoncée il y a bien longtemps par Ulrich Beck.
Déprimante faculté du capitalisme à construire des fétiches en agissant vite, fort et mal autour de problèmes réels. Au final du Greenwashing ou Écoblanchiment :
L’écoblanchiment, éco-blanchiment ou blanchiment écologique est un procédé de marketing utilisé par une organisation (entreprise, gouvernement, etc) dans le but de donner à l’opinion publique une image écologique responsable, alors que plus d’argent a été investi en publicité verte (la couleur verte symbolisant ici l’écologie) que pour de réelles actions en faveur de l’environnement.
Le terme vient de l’anglais greenwashing. Le Grand dictionnaire terminologique propose le terme français « blanchiment vert ». Greenwashing vient de la contraction des mots green, vert et whitewash, littéralement blanchir à la chaux, peut-être avec un clin d’œil à brainwashing, lavage de cerveau. Il est employé à la fin des années 1980. C’est le titre d’un article paru en mars 1991 dans la revue Mother Jones.
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Une citation d’internet actu citant un jeune intervenant à la conférence Lift :
“Autre différence. Nous sommes impatients. Nous sommes connectés tout le temps. Nous voulons toujours des choses nouvelles, des changements constats, des résultats immédiats. La page suivante à toujours plus d’intérêt que la précédente…” Pour faire écho à ce “contenu de demain toujours plus désirable que le contenu de la veille” que nous confiait récemment André Gunthert. “Notre intérêt dilué est compensé par la facilité d’accès. Il y a tant d’options que nous n’avons plus de choix conscients. On jette les choses qu’on n’aime pas plutôt que de choisir nous-mêmes. Il y a toujours quelque chose que nous n’avons pas fait depuis 10 minutes… L’internet nous suit partout. Nous ne sommes jamais en train de rien faire, même si notre productivité n’est pas nécessairement forte.”
Forte impression aujourd’hui : l’édition en dehors du web coupe toute une génération de sa mémoire, le passé risque de ne plus exister d’abord parce qu’il n’est pas indexé, tout comme le passage au payant d’un journal comme Le Monde va couper toute une génération de cette référence.
Si je ne me retrouve pas dans ce culte du présent, je le ressens comme très majoritaire aujourd’hui, aux conséquences fortes. Ce passage (surtout la dernière partie) m’a inspiré ce tweet, RT pas mal de fois :
« je sais pas vous mais depuis que j’ai internet, j’ai cessé de m’ennuyer, et c’était il y a des années déjà. #changement »
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Magnifique notion :
Pendant longtemps, le terme hapax a qualifié les mots (ou expressions) que les traducteurs ne pouvaient traduire de façon certaine, car il n’en existait qu’une seule occurrence dans la littérature . (…) Un hapax désigne donc en linguistique et en lexicologie un lemme (ou une forme de ce lemme) qui n’est attesté que dans une seule source (corpus, état d’une langue, etc.) ou rencontré trop rarement pour être considéré comme une preuve valable de l’existence du mot et de sa forme dans une langue donnée. En effet, les hapax peuvent être réellement des mots rares mais aussi des erreurs (de copie, de grammaire, etc.). Dans l’ignorance, on les rejette souvent ou bien l’on considère que leur rareté ne rend pas leur témoignage suffisant.
Si l’anacoluthe est une rupture synthaxique destinée à produire un effet, l’hapax me semble inscrit dans le temps et c’est bien là son intérêt. Mais je me demande si tous les mots n’ont pas été des hapax avant leur adoption par l’usage. Le hapax serait-il un néologisme qui a mal tourné ? Etrange notion qui donne de la valeur à la rareté en l’effaçant. Il nous faut avoir une pensée pour tous ces hapax qui n’en auront jamais le nom, oubliés qu’ils sont dans, par exemple, les mauvaises copies d’examen… Car il y a bien une hiérarchie des hapax, celui de Rabelais verra sa rareté reconnue, ce qui augmente pourtant les chances de multiplier son emploi, diminuant par là même son caractère de pur Hapax. Paradoxal. Mais qui peut penser que le hapax a encore un bel avenir devant lui, à l’heure où les mots sont indexés dans le web ? La rareté du hapax est-elle dépendante, désormais de la qualité de son référencement en tant que néologisme ? Mais est-ce encore un hapax ? Et quand le décider ? Ou alors faut-il au contraire considérer que le hapax contemporain est un mot caché dans le web profond, et qu’il faille un brillant littérateur pour l’en exiber, pour le brandir fièrement en s’écriant : j’ai trouvé un hapax ! Tout ça me laisse perplexe… ![]()
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Lu sur le site de la Quadrature du net à propos d’ACTA, issu de ce livre :
De même que le money laundering (blanchiment d’argent) consiste à dissimuler l’origine de fonds acquis de façon délictueuse en les recyclant dans les activités légales, le policy laundering consiste à utiliser les organisations internationales pour mettre en place des politiques que se heurtent à la résistance des institutions nationales. Adoptées comme des décisions auxquelles les Etats sont tenus de se conformer, ces politiques échappent au débat démocratique : ‘Le recyclage est ainsi obtenu au prix d’un contournement du processus législatif‘.» Mireille Delmas-Marty,, Seuil, 2010, p. 133. La citation dans la citation est de Colombe Camus, in La guerre contre le terrorisme, Editions du Félin, p. 109.
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Hikikomori (引き篭り, Hikikomori?) est un mot japonais désignant une pathologie psychosociale et familiale touchant principalement des adolescents ou de jeunes adultes qui vivent cloîtrés chez leurs parents, le plus souvent dans leur chambre pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, en refusant toute communication, même avec leur famille, et ne sortant que pour satisfaire aux impératifs des besoins corporels.
Il y aurait près d’un million de hikikomori au Japon, soit un jeune sur dix, et presque 1 % de la population (qui est de 127 millions). La plupart (environ 77 %) de ces personnes sont de sexe masculin, souvent des fils aînés[1].
Ni grabataires, ni autistes, ni retardés mentaux, ils se sentent accablés par la société. Ils ont le sentiment de ne pas pouvoir accomplir leurs objectifs de vie et réagissent en s’isolant de la société.
La question que je me pose est la suivante : un Hikikomori connecté à internet en est-il toujours un ? La solitude volontaire connectée à internet est-elle encore de la solitude ? Qu’est-ce que la solitude à l’ère du flux ?
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Lu dans le Fontanier, retrouvé dans Wikipédia :
La conglobation (substantif féminin), du latin conglobatio (« accumulation », « agglomération, accumulation » et aussi « rassemblement en corps [de guerriers]« , le terme provenant des Guerres Puniques romaines[1]), est une figure de style de mise en valeur qui consiste en une énumération de termes semblables suggérant un argument ou une idée qui n’est exposée qu’à la fin de ce développement. Elle a souvent une visée persuasive, par l’enchaînement des arguments qui vise à convaincre. C’est une figure essentiellement rhétorique et argumentative, proche de l’accumulation stylistique, mais à force illocutoire. Elle vise un effet de suspense et de solennité. En rhétorique classique, elle est un synonyme de l’accumulation de preuve; en stylistique et en littérature, elle est un paronyme de l’accumulation.
Pierre Fontanier la définit ainsi: « figure par laquelle, au lieu d’un trait simple et unique sur le même sujet, on en réunit, sous un seul point de vue, un plus ou moins grand nombre, d’où résulte un tableau plus ou moins riche, plus ou moins étendu »
J’aime bien penser que cette figure est une approche du monde, accumuler pour arriver quelque part, pour démontrer, s’orienter, tendances convergentes, l’idée du faisceau, de l’agrégation orientée, du global, de la sphère.
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Je crois que nous sommes entrés dans une seconde modernité réflexive, c’est-à-dire que l’essor des sciences et des techniques se poursuit, mais que ce processus ne peut plus être naïf. Il nous demande de nous interroger, tant au niveau individuel que collectif, sur ce que nous sommes en train de faire, d’expérimenter. Nous devons gérer les risques inhérents à notre maîtrise – comme le montre la problématique cruciale du réchauffement climatique, par exemple.
Vu dans ce cours de sociologie, la Modernité réflexive, à partir du livre d’Ulrich Beck : la société du risque.
« La femme qui donne le sein à son petit Martin âgé de trois mois dans son trois-pièces d’une cité de banlieue à Neuperlach est donc liée par un lien immédiat à l’industrie chimique qui produit des insecticides horticoles, aux agriculteurs qui se trouvent contraints ar les directives agricoles de la communauté européenne à passer à la production de masse et à la consommation abusive d’engrais » (op. cit., p. 50). Cinq aspects prévalent :
1/ Les risques de la modernité radicale ont la force des guerres, spécialement bactériologiques (le langage pertinent pour penser le risque est l’infectiologie) et l’impact des révolutions sociales qui modifient les hiérarchies (le risque est démocratique, il affecte le riche comme le pauvre), les systèmes économiques, juridiques et politiques.
2/ Le risque est mondialisé et aucun pays ne peut espérer s’en sortir tout seul (idée d’une politique intérieure mondiale).
3/ Le progrès des sciences ne diminue pas le risque, mais autorise tout à la fois l’augmentation de la conscience du risque et la critique du savoir scientifique lui-même (les rapports entre les savants ou experts et les non-experts sont changés).
4/ La peur tend à dominer notre vie. Un régime d’action fondé sur la peur pourrait légitimer l’installation d’un état sécuritaire.
5/ La sécurité, traitée comme un bien public mesurable économiquement, s’impose aux citoyens, autant qu’elle répond à leur peur.
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Lu dans l’excellent La société du risque d’Ulrich Beck, page 116 à 126 pour l’édition de poche champs flammarion.
Les taux limites de présence acceptable de substances polluantes et toxiques dans l’air, l’eau et l’alimentation sont à la répartition du risque ce qu’est le principe du mérite à l’inégale répartition des richesses : ils réussissent le tour de force d’autoriser les émissions polluantes tout en légitimant leur existence, tant qu’elle se cantonne en deçà des valeurs établies. En limitant la pollution on fait le jeu de la pollution. En vertu de cette définition sociale, ce qui reste possible cesse d’être « nuisible » – indépendamment de sa nocivité réelle.
Il est possible que les taux limites servent à éviter le pire, mais ils servent aussi à « blanchir » les responsables : ils peuvent se permettre d’empoisonner un peu la nature et les hommes. (…) Dans cette « ordonnance » il n’est pas question d’empêcher l’intoxication mais de la cantonner dans des limites acceptables. (…) A cet égard, les taux limites sont les signes de repli d’une civilisation qui s’entoure elle-même de substances polluantes et toxiques en surabondance. L’exigence de non-intoxication qui paraît pourtant le fait du bon sens le plus élémentaire est donc rejetée parce qu’utopique.
(…) Si l’on veut vraiment établir des seuils de tolérance, il faut prendre en compte un effet d’accumulation. Si l’on s’obstine à déterminer des taux limites pour des substances isolées, il faut partir de l’hypothèse totalement absurde selon laquelle l’homme n’ingère que cette seule substance nocive (…) On sait très bien dans le domaine médical il existe des médicaments dont les effets se minimisent ou se potentialisent. Iln’est donc pas totalement aberrant d’envisager qu’il en soit de même de ces nombreuses contaminations partielles autorisées parce qu’inférieures aux taux limites.
Bien entendu les taux limites assurent leur fonction de désintoxication symbolique. ils font office d’anxiolytiques symboliques contre l’accumulation d’informations catastrophiques sur la pollution, ils indiquent qu’il y a des gens qui se donnent du mal et qui restent vigilants.
Très intéressant de lire ce lire visionnaire écrit en 1983 et publié en France en 2001. Ulrich Beck a tout vu ou presque, j’y reviendrai.
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Découvert aujourd’hui à l’expo Pompidou, l’Outrenoir, dans les tableaux de Soulages :
Un jour je peignais, […] les différences de textures réfléchissaient plus ou moins faiblement la lumière et du sombre émanait une clarté, une lumière picturale dont le pouvoir émotionnel particulier animait mon désir de peindre […]. Mon instrument n’etait plus le noir mais cette lumière secrète venue du noir. […] Pour ne pas les [les peintures] limiter à un phénomène optique j’ai inventé le mot Outrenoir, au-delà du noir, une lumière transmutée par le noir et, comme Outre-Rhin et Outre-Manche désignent un autre pays, Outrenoir désigne aussi un autre pays, un autre champ mental que celui du simple noir. »
Pierre Soulages, Le Noir. Dictionnaire des mots et expressions de couleur XXe-XXIe siècle Annie Mollard-Desfour, CNRS Éditions.
Beaucoup aimé le contenu de l’audioguide, le discours du peintre qui explique que la toile et le résultat de désirs et de rapports complexes. La toile comme un réseau de gestes tissant des liens avec les précédents par lesquels ils sont recouverts, entre autres. 60 ans de recherche picturale autour d’un tel dispositif, c’est quand même vertigineux !
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